Une action menée en collaboration avec les Jong Socialisten

1. Contexte

En Belgique

Seuls 18 % des stages en Belgique sont rémunérés ; cela fait de nous le pire élève d’Europe . Les stages se font généralement dans le cadre des études, mais aussi de plus en plus après. Ce sont principalement ces stages qui posent problème.

En septembre de l’année dernière, à la suite d’une plainte collective du Forum européen de la jeunesse, le Comité européen des Droits sociaux a statué que les stages non rémunérés qui ne font pas partie d’une formation académique ou scolaire violent la Charte sociale européenne.

En outre, le Comité fait valoir que l’inspection du travail n’est pas suffisamment efficace pour détecter et prévenir les « faux stages ». Ces derniers violent le droit des salariés à une indemnisation suffisante pour assurer une vie décente , pour eux-mêmes et leurs familles, tel que prescrit par la Charte sociale européenne.

Dans le secteur public

Les stages dans les institutions gouvernementales belges ne sont pas non plus remboursés aujourd’hui, tandis qu’un stage, par exemple, au SPF Affaires étrangères fait rarement partie d’un programme de formation.

Dans le secteur privé

Il existe également des stages non rémunérés qui se font en dehors d’une formation dans le secteur privé. Il existe même des cas où les stagiaires sont invités à payer pour faire un stage. Lors de ces stages volontaires, ils ne bénéficient ni d’une assurance contre les accidents du travail, ni même d’une indemnité de transport.

En Union Européenne et à l’ONU

Union européenne

Au sein de l’UE, ce sujet est également un sujet de frustration et de discussion depuis de nombreuses années. À la suite d’une plainte d’un stagiaire au Médiateur européen en 2017, une enquête a été lancée au Parlement européen qui a douloureusement mis en évidence le faible nombre de stagiaires qui reçoivent une indemnisation.

En réponse, le Parlement européen a interdit les stages non rémunérés au sein de ses institutions en 2018 et a adopté une résolution indiquant clairement que l’exploitation des jeunes dans l’UE devait cesser.

La Commission européenne , en revanche, n’a toujours pas de réglementation à cet égard. Les stages non rémunérés sévissent donc encore aujourd’hui dans d’autres établissements de la « EU Bubble ».

À l’ONU

En outre , il est bien connu que les Nations Unies fonctionnent avec des travailleurs libres . Comme pour les institutions européennes, les stages sont très prisés à l’ONU. La compétition pour y entrer est fort rude, ce qui permet à l’ONU d’être sélective. Le problème ici est qu’ils ne sont pas obligés de payer leurs stagiaires. Pour l’instant, l’ONU n’envisage pas de modifier sa politique à cet égard.

Tout travail mérite salaire. Cela devrait être une évidence.

2. Distinguer les stages dans le cadre ou non d’une formation

L’arrêt du Comité européen des Droits sociaux distingue clairement les stages au sein ou à l’extérieur d’une formation. Cependant, il devrait également y avoir au moins une compensation minimale pour les stages effectués le cadre d’un programme d’études afin de compenser les frais de déplacement supplémentaires ou la moindre flexibilité que le stage engendre pour les emplois étudiants.

Aujourd’hui, de nombreux jeunes paient eux-mêmes leurs études . Cela ne fonctionnera que s’ils sont capables de travailler en plus de leurs études. Avoir un travail étudiant est beaucoup plus difficile lorsqu’un stage (obligatoire) est également prévu dans le cadre du programme.

Position des Jeunes socialistes : tout travail mérite salaire

Les jeunes ne veulent souvent rien d’autre que progresser dans la vie. Ils veulent être actifs dans la société. Pourtant, les jeunes sont dans une position vulnérable .

En 2021, par exemple, pas moins de 19,91% des jeunes âgés de 16 à 25 ans en Belgique étaient menacés de pauvreté . De plus, les chiffres de 2021 ont montré que 18,26 % des jeunes de 16 à 25 ans sont au chômage.

Les jeunes sont plus souvent au chômage que des personnes d’un autre âge et sont également plus touchés par le chômage de longue durée. Leur situation de travail est beaucoup plus précaire en raison des contrats temporaires et des emplois à temps partiel.

En tant que société, nous devons donc veiller à ce que les jeunes – quelle que soit leur origine socio-économique – aient toutes leurs chances pour démarrer leur carrière et leur vie. Rémunérer correctement les stagiaires en est une étape essentielle .

Avec une pandémie mondiale à gérer, nous devons veiller à ce que le plus de personnes possible puissent retourner au travail en toute sécurité, mais aussi à ce que les groupes vulnérables bénéficient d’une protection supplémentaire.

L’avenir appartient aux jeunes. Par conséquent, il est logique que les bonnes personnes se retrouvent aux bons endroits. Les personnes possédant les bonnes aptitudes et compétences peuvent ou non avoir une chance d’obtenir un certain stage en fonction des revenus de leurs parents. C’est une question de justice et d’égalité des chances.

Enfin, ce n’est pas seulement une bonne chose que les jeunes eux-mêmes rendent les stages aussi accessibles que possible. Dans un monde moderne et globalisé, chacun bénéficie d’ une main-d’œuvre aussi équilibrée que possible . Une diversité d’idées et de points de vue ne profite qu’à la société dans son ensemble. Certes, dans les organisations internationales telles que l’ONU et l’UE, mais aussi ailleurs, cela devrait être une évidence .

Nous vous invitons à signer la pétition mise en place par les JS pour lutter contre les stages non-rémunérés ! https://www.jongsocialisten.be/nee-tegen-onbetaalde-stages

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