VICE a posé cinq questions sensibles aux responsables des sections jeunes des partis francophones DéFI, MR, Ecolo, PS, PTB et cdH. « Comment doit évoluer notre législation ? Quelle place accorder aux drogues dans la vie nocturne ? Pouvons-nous gagner la guerre contre les drogues ou devons-nous donner la possibilité aux utilisateurs de tester leurs produits ? Ces présidents ont-ils déjà tiré sur un joint ? »
Voici la réponse de Nicolas Deprets, Vice-Président Interne de notre Mouvement.


VICE : Que pensez-vous de la légalisation du cannabis à des fins récréatives, comme au Canada et dans quelques États américains ?

Nicolas : C’est une nécessité qui s’inscrit dans l’évolution de la société. Le cannabis à des fins récréatives doit être légalisé, contrôlé et régulé par l’État et une certaine qualité du cannabis en circulation imposée. Les effets positifs seraient énormes pour l’État : rentrées financières, diminution des dépenses en soins de santé et en campagnes de prévention.

VICE : D’après vous, comment faudrait-il traiter la drogue dans la vie nocturne ?

Nicolas : Il faut distinguer les différentes drogues et mener une politique préventive et pédagogique auprès du jeune public, dans les boîtes de nuit et les autre lieux de sorties, aller à sa rencontre avec l’ensemble des acteurs de la santé. Ne pas se contenter d’une campagne et de quelques tracts. On a également besoin d’expliquer les conséquences des drogues douces et dures sur le cerveau et les réflexes. Consommer de la drogue en boîte et prendre le volant n’est pas indiqué.

VICE : En Wallonie et à Bruxelles, les utilisateurs peuvent faire tester les stupéfiants qu’ils consomment pour en vérifier la qualité et les risques de contamination. Est-ce une bonne initiative ?

Nicolas : C’est une première étape. Des acteurs qui parlent aux jeunes comme les Responsible Youg Drivers et le secteur associatif mènent aujourd’hui un véritable travail sur l’alcool qui est clairement une drogue. La Fédération Wallonie-Bruxelles devrait prendre à bras le corps cette thématique et envisager une campagne pour les drogues plus dures.

VICE : Pouvons-nous gagner cette « guerre contre les drogues » ou faut-il se concentrer davantage sur la sensibilisation, le conseil et la dissuasion auprès des jeunes ?

Nicolas : Des jeunes de dix-sept ou dix-huit ans ont un casier judiciaire parce qu’ils se sont baladés avec deux grammes de cannabis en poche. La conséquence sur leur vie peut être dramatique. Ça ne peut plus durer. Les décideurs d’aujourd’hui n’ont pas notre expérience. Aux quatre coins de la Fédération Wallonie-Bruxelles, nous constatons qu’une économie grise dirigée par des réseaux assez dangereux voire mafieux a infiltré les écoles et les quartiers populaires. S’il y avait eu une véritable politique coordonnée, un certain nombre de jeunes ne seraient pas tombés dans ces réseaux. En légalisant le cannabis, on mettrait fin à cette économie grise et aux nombreuses dérives. La consommation n’a pas d’effets potentiellement négatifs sur la santé à court terme, pas plus que d’autres drogues légalisées comme l’alcool et le tabac sur lesquels l’État prélève des accises.

VICE : Avez-vous déjà fumé ?

Nicolas : Oui. J’ai été étudiant. J’ai participé à des soirées. Il m’est arrivé de rouler quelques joints. De nombreux responsables devraient quitter les postures de leur parti. On a tous fréquenté des lieux de sorties communs et on a détecté une série de besoins. On pourrait faire des choses ensemble.