Cet été, au Nord et au Sud, l’agenda des jeunesses politiques était bien différent ! 

D’un côté, au Sud, le MJS décidait de participer au Festival des Solidarités à Namur, qui comme son nom l’indique prône la fraternité, la cohésion et plus largement les valeurs de l’Humain et du vivre-ensemble dans un monde plus durable et vert. Des associations y sont présentes, toutes unies par un lien progressiste. Nous y avons passé un weekend formidable ! Le seul incident à y déplorer est le manque d’eau potable : la vague de chaleur a en effet causé de longues files d’attente aux divers points d’eau mis à disposition par l’organisation. 

De l’autre côté, au Nord, le Vlaams Belang Jongeren s’empare du festival Pukkelpop à Kiewit pour en faire une arène politique bas de gamme. Autant il aurait été admissible et même compréhensible que des drapeaux flamands soient visibles dans le camping et sur le site du festival, autant la distribution systématique (et qui tient presque de la propagande !) de drapeaux flamingants -au design plus graphique et entièrement noirs- est totalement déplacée pour ce genre d’événement récréatif. 

Que dire aussi du traitement réservé à Anuna De Wever ? Insultée après qu’elle ait été invitée à prendre la parole sur scène, elle a ensuite été harcelée. Sa tente et ses effets personnels ont été saccagés et ses amis et elle ont reçu des menaces. Plainte a été déposée et une enquête est ouverte au pénal par le Parquet. On sait que cette figure du mouvement climatique est une cible récurrente du parti d’extrême-droite flamingant. La victime était donc toute désignée pour eux… La violence et l’intimidation ne sont pas tolérables et tolérées ; celles-ci sont instrumentalisées dans un but partisan de l’extrême. Il n’appartient pas et il n’appartiendra jamais, en démocratie, à violence, sous quelque forme qu’elle soit de dicter ce qui est audible ou ce qui ne l’est pas dans la sphère publique. 

Un festival de musique tel que Pukkelpop n’est certainement le lieu pour instaurer un climat de rejet, de haine et de peur. Quand le Vlaams Belang Jongeren décrète fièrement sur son compte Instagram que « de camping is van ons » avec une vidéo des divers drapeaux flamingants, le ton est donné : c’est celui du repli sur soi et du rejet de l’autre. Quelle phrase peu adéquate quand on sait que l’an passé, au sein du même festival, des chants racistes s’étaient faits entendre dont le fameux « Handjes kappen, de Congo is van ons »… Si ce n’est pas de la provocation, ça y ressemble très fort ! Nous sommes en présence d’une réelle appropriation culturelle liberticide et d’une institutionnalisation de l’exclusion.  

Non contents de ces événements, les jeunes du VB annoncent déjà qu’à l’avenir, les distributions de tels drapeaux flamingants seront plus nombreuses. Cela signifie encore plus de rejet de l’autre dans ses différences et encore plus de tensions communautaires. 

En tant que Jeunes Socialistes, nous condamnons fermement ces irruptions de plus en plus fréquentes de signes flamingants dans des événements qui se devraient d’être unitaires. Nous défendons une Belgique unie, celle de la diversité, du respect de l’autre. 

Qu’il soit bien entendu que nous avons le plus grand respect pour l’identité flamande et pour l’autonomie qu’il est loisible à cette Région de prendre dans le cadre que permettent les richesses de notre État fédéral. Il est tout aussi clair que nous sommes conscients du besoin qu’a la population flamande de revendiquer son identité, le respect et la promotion de sa langue. 

Mais ceci ne doit pas se faire au détriment d’une population! Et il est dans notre ADN de Socialistes de croire que ceci doit se faire dans le respect de l’autre, en toute fraternité… pour que toute cette histoire ne se termine pas en combat de coqs ! 

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